«Rien ne va plus» ne s'entend pas seulement au casino, mais de plus en plus pour symboliser la situation dans le conflit entre l'Iran et les Etats unis.
Officiellement, on entend régulièrement parler d’initiatives de part et d’autre pour revenir à la table des négociations, mais dans le même temps, toutes les prises de position révèlent l’incompatibilité des points de vue respectifs. Comme si cela ne suffisait pas, les flux de marchandises transitant par le détroit d’Ormuz restent fortement restreints en raison de la menace iranienne. Ces dernières semaines, les rebelles houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, ont également intensifié leurs provocations dans le détroit de Bab-al-Mandab, entre l’Afrique de l’Est et la péninsule arabique, perturbant et entravant ainsi massivement la logistique maritime dans cette zone également.
Dans l'impasse actuelle, l'observateur indépendant n'arrive pratiquement plus à imaginer quels événements pourraient déboucher sur un apaisement, voire sur une résolution du conflit en cours au Proche-Orient. Dans divers États du Golfe, tels que l’Irak, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, des efforts sont déployés depuis longtemps déjà – compte tenu des relations traditionnellement tendues avec l’Iran – pour détourner les exportations du goulet d’étranglement très disputé du détroit d’Ormuz. Dès l’année prochaine, des quantités considérables de marchandises pourraient ainsi être exportées vers le monde entier grâce à de nouveaux réseaux de pipelines, de voies ferrées et de routes d’accès. Cette réorganisation entraîne certes, dans de nombreux cas, des surcoûts importants, mais elle reste bien sûr nettement plus lucrative que le blocus commercial actuel.
Après avoir atteint des sommets au printemps, puis connu une baisse considérable au cours de la deuxième quinzaine de juin, les prix du fioul domestique et des carburants en Allemagne ont de nouveau nettement augmenté. Ceci s'explique principalement par la guerre au Proche-Orient, mais aussi par les frais de transport sur le Rhin, qui ont atteint des niveaux exorbitants. L'absence quasi totale de précipitations depuis plusieurs semaines a, sans surprise, entraîné une situation de basses eaux ; les bateaux de navigation intérieure ne peuvent donc plus transporter que de faibles volumes de marchandises. Dans la partie centrale du Rhin, près de Kaub en Rhénanie-Palatinat, une fermeture totale menace même dans les prochains jours. Même si des précipitations sont enfin prévues pour la semaine prochaine, la situation ne reviendra pas à la normale de sitôt en raison des niveaux d’eau très bas, y compris dans les lacs.